L’effarouchement ??!
Mais qu’est-ce que c’est ??!! (J’espère que vous êtes prêts)
Effrayer, affoler, faire fuir, tous ces synonymes correspondent bien au terme « effaroucher ».
En effet, le but est de réinstaller une prédation naturelle dans des lieux où il n’y en a plus ou très peu.
Cette prédation que nous réinstallons avec nos rapaces permet de casser le confort de vie des espèces ciblées telles que les pigeons, les étourneaux, les corneilles noires, corbeaux freux, mouettes, goéland et j’en passe…
Dans des zones sans prédateur et qui plus est pourvues de nourriture, ces espèces sont nourries, logées et n’ont aucune crainte quant à leur avenir.
Elles peuvent donc se reproduire et proliférer comme bon leur semble !
Une prolifération exponentielle (en flèche !) n’est jamais bonne dans un milieu, la nature est d’ordinaire bien faite et au fil du temps se régule toute seule, mais …car il y a un « mais » !
La prolifération des activités humaines, l’urbanisation, l’industrie, la monoculture, la création d’autoroutes, voies ferrées, l’introduction d’espèces exogènes (hors de son aire de répartition naturelle) etc participent à la fragmentation et la destruction des habitats naturels et créent de nombreux déséquilibres dans nos écosystèmes.
Tout cela provoque une perte de biodiversité et la disparition de nombreuses espèces dans ces milieux, et donc la prolifération d’autres espèces.
Les écosystèmes sont faits de nombreuses chaînes alimentaires imbriquées les unes dans les autres et il suffit parfois de casser un seul maillon de cette chaîne pour déstabiliser un écosystème complet, qu’il soit petit ou grand. Et, pour ça, nous les humains, nous sommes les meilleurs !
Tout cela pour expliquer le contexte (je sais, c’est long.)
Prenons un premier exemple :
Un quartier résidentiel avec une problématique de prolifération de pigeons.
La présence des humains et leur activité, la nourriture, et l’absence d’habitat pour les prédateurs naturels du pigeon (épervier, autour des palombes, faucon pèlerin) sont de parfaits éléments pour avoir une population de pigeons conséquente.
La prolifération des pigeons engendre de nombreuses nuisances sanitaires (dues aux fientes qui peuvent être vectrices de maladie) et sonores (dues au nombre d’individus).
L’effarouchement permet de les déplacer, de limiter la reproduction, réduire les nuisances sanitaires et sonores et qui sait, dans le meilleur des mondes, de déplacer ces populations dans des territoires plus ruraux où leurs prédateurs naturels sont un peu plus présents et pourquoi pas permettre une augmentation de certaines espèces qui sont en déclin et une régulation des espèces en surnombre.
Second exemple : la protection de culture
Les pigeons et corvidés en surnombre peuvent causer des dégâts très importants lors des semis ou avant la récolte sur toutes les différentes cultures possibles.
Un prédateur naturel viendra « piocher » dans ces populations pour se nourrir et nourrir ses petits, mais ne restera qu’un court instant sur le secteur provoquant un dérangement de très courte durée alors que nous allons rester et effaroucher le secteur pendant plusieurs heures de suite et cela plusieurs fois par semaine, voire plusieurs jours consécutifs.
Ce qui va pousser ces espèces à croire que nos rapaces s’installent sur ce territoire, les déstabiliser et donc naturellement quitter la zone pour chercher un autre territoire, d’autres ressources dans un lieu plus propice à leurs reproduction sans craindre pour leurs vies.
J’espère que ces (interminables) explications vous auront permis d’apprendre quelque chose et de découvrir un peu l’effarouchement !
N’hésitez pas à me contacter si vous voulez échanger sur le sujet, me poser des questions, ou même me reprendre sur certains points si vous pensez que j’ai dit des bêtises : tout est bon à prendre et je suis loin de tout savoir !
On en apprend tout les jours !
À bientôt !
La prédation qu’exercent nos rapaces sur la faune aviaire, lapins, lièvres, ou autres rongeurs permet de soustraire à ces habitants nuisibles tout le confort dont ils bénéficiaient dans une zone précise. Abris, nourriture, sites de nidifications, dortoirs…Cela permet le déplacement et/ou la réduction de la population présente sur le site.
Chaque intervention est unique en fonction du milieu. Certains lieux sont plus propices à l’obtention de résultats que d’autres. Cela dépend de la taille du site, de la nature de la gêne occasionnée. J’aime dire que ce n’est pas une science exacte.
Sur certains sites, les populations ne seront pas très importantes et les résultats seront obtenus rapidement. En revanche, plus le nombre de nuisibles sera élevé, plus il faudra du temps pour obtenir des résultats. Il faudra également prévoir plus d’interventions.
Il est important de ne pas relâcher la pression et la prédation devra être établie sur le long terme. En effet, si la prédation est effectuée en quelques jours ou quelques semaines seulement, les habitants indésirables remarqueront très vite l’absence de danger et se réinstalleront pour y proliférer de nouveau.
Nos oiseaux sont capables d’intervenir sur tout type de sites, de jour comme de nuit. Cependant, nous mettons un point d’honneur à ne jamais les mettre en danger, ou en tout cas le moins possible (malheureusement nous ne pouvons pas écarter le risque d’accident, seulement le diminuer).
Nous nous réservons le droit de refuser l’intervention si nous considérons que l’environnement sur lequel nous devons intervenir présente un danger trop important pour nos oiseaux. Dans cette éventualité, nous pourrons proposer des méthodes auxiliaires comme la pose de cages, des tirs d’effarouchement et/ou de destruction, en fonction de la demande du client.
Nous intervenons dans différents types de milieux :
Nous intervenons la plupart du temps sur les espèces suivantes : pigeons, corbeaux freux, corneilles noires, étourneaux sansonnets, goélands, mouettes…
Titulaire d’un Baccalauréat Professionnel Gestion des milieux naturels et de la Faune
J’ai commencé mon parcours par un BEP entretien et aménagement des espaces naturels et ruraux.Passionné par les oiseaux depuis mon enfance, j’ai réussi à intégrer les équipes espaces verts au Parc des oiseaux de Villars les Dombes.
Au cours de mes stages j’ai pu, avec l’accord du Parc et de mon école, changer de domaine et entrer au Spectacle « En vol » du Parc.
L’histoire commune avec les oiseaux commence enfin !
J’ai pu découvrir l’affaitage des oiseaux de vol du début à la fin. J’ai commencé par la nurserie où j’ai vu éclore de nombreuses espèces d’oiseaux dont certaines que j’allais retrouver plusieurs mois après au spectacle « En vol ». Le suivi de l’œuf, la contrôle de perte de poids de l’œuf jusqu’à l’éclosion, le nourrissage des jeunes et selon les espèces le début ou non de l’imprégnation des oiseaux. Le spectacle m’a permis d’apprendre à gérer les oiseaux en fonction de leurs espèces, mais aussi en fonction des individus, le travail avec du vivant n’est jamais une science exacte et on se doit de s’adapter en fonction des personnalités et caractère de chacun. La gestion du poids de l’oiseau et la relation de confiance établie entre l’humain et l’oiseau sont aussi des éléments très importants. On ne fait pas voler un oiseau trop gros ou trop mince: il faut trouver le bon poids de vol, celui-ci est propre à chaque espèce et à chaque oiseau. L’oiseau doit se sentir en sécurité et en totale sérénité si l’on veut qu’il revienne sur notre gant. Tous ces éléments permettent de travailler avec l’oiseau en toute sécurité.
J’ai eu la chance de travailler avec de nombreuse espèces dont : des pélicans blancs (Pelecanusonocrotalus), pélicansfrisés (Pelecanuscrispus), hérons garde bœuf (bubulcus ibis), martins chasseurs géants (Dacelonovaeguineae), vautours urubu (Coragypsatratus), vautours aura (Cathartes aura), chouettes lapones (Strix nebulosa), flamants roses (Phoenicopterusroseus), spatules blanches (Platalealeucorodia), ibis de Ridgway (Plegadisridgwayi), ibis rouges (Endocimusruber), arasMacao (Ara macao), arasararauna (Ara ararauna), araschloroptere (Ara chloropterus), amazonesà front jaune (Amazonaochrocephala), cacatoès rosalbin (Eolophusroseicapilla), calaos terrestres (Bucorvusleadbeateri), grues royales (Balearicaregulorum), marabouts d’Afrique (Leptoptiloscrumenifer).
J’ai ensuite été en stage dans le château d’Arlay à Jurafaune pendant mes 2 années de BAC PRO. Une association qui a pour but de gérer la population des faucons pèlerins (falcoperegrinus) dans le massif jurassien, espèce en fort déclin depuis les années 1980. Le parc finançait des actions en montagne d’aménagement d’aires artificielles pour les faucons pèlerins, de façon à aider et booster la reproduction de cette espèce. Participer à ses actions en montagne était très concret pour moi et très enrichissant. Pour financer cela, le parc proposait un spectacle en vol de rapaces avec une pédagogie et une sensibilisation sur les rapaces, leurs modes de vie, de chasse mais aussi des présentations plus rapprochées au grand public avec ces oiseaux magnifiques qui vivent dans nos régions.
Le parc avait aussi un site de reproduction avec de nombreuses espèces de rapaces avec lesquelles j’ai pu travailler : préparation des aires, de la mise en forme des couples, des inséminations artificielles quand elles étaient nécessaires, du suivi de la ponte, qu’elle soit naturelle ou en incubateurs avec le suivi des œufs, leurs pertes de poids, l’éclosion et le nourrissage des jeunes jours et nuits.
La reproduction de certaines espèces de faucons et de buses était destinée à la vente pour la chasse au vol. L’affaitage des rapaces était entamé ou non selon la demande des fauconniers.
J’ai pu travailler avec des hiboux grand-duc (Bubo bubo), hiboux grand-duc africains (Bubo africanus), chouette effraie (Tyto alba), chouette hulotte (Strix aluco), chouette chevêche (Athenenoctua), chouette lapone (Strix nebulosa), chouette harfang (Bubo scandiacus), vautour fauve (Gypsfulvus), circaète jean le blanc (Circaetusgallicus), vautour urubu (Coragypsatratus), buse de Harris (Parabuteounicinctus), buse à queue rousse (Buteojamaicensis), buse féroce (Buteorufinus), faucon crécerelle (Falco tinnunculus), faucon lanier (Falco biarmicus), faucon laggar (Falco jugger), faucon gerfaut (Falco rusticolus), faucon sacre (Falco cherrug),aigle royal (Aquila chrysaetos), aigle des steppes (Aquila nipalensis)
« Voler de mes propres ailes »
J’ai dans un premier temps obtenu mon agrément de chasse au vol pour me permettre d’avoir mes propres oiseaux. Grâce à un article dans le journal, j’ai commencé à être reconnu en tant que fauconnier et on m’a alors contacté pour d’éventuelles missions d’effarouchement. C’est ce qui m’a poussé à passer mon certificat de capacité pour allier travail et plaisir avec mes oiseaux.
J’ai ensuite préparé mon certificat de capacité pour l’élevage professionnel d’animaux non domestiques que j’ai obtenu début 2022 et créé mon entreprise d’effarouchement.